Didier Convard, touche à tout enthousiaste par caroline le 05/01/2009

Didier ConvardDidier Convard

Dessinateur, scénariste, directeur de collection chez Glenat , Didier Convard déborde de projets. Dessinateur réaliste au trait précis et scénariste inspiré, il a travaillé également pour d’autres maisons d’éditions puisqu’on retrouve sa signature au sommaire du magazine de jeux Joker, dans les mensuels Je Bouquine (pour des adaptations de romans classiques en BD) et Gullivore ("Les lectures de Quentin" avec Christian Goux, en 1990), dans la collection "L’histoire du peuple dieu" aux éditions du Bosquet, chez Magnard (sur "Songe et les forces de la guerre" avec Sonk, en 1985, et sur divers romans pour la jeunesse), chez Blanco ("Last" avec Gine, en 1990), aux éditions Dargaud ("Chats", en 1992, "Editnalta", "Polka" avec Siro, en 1995, "Le dernier chapitre", des textes illustrés par André Juillard en 1998), Ifrane ("La nuit du président" avec Paul, alias son fils Sébastien Convard, en 1996) puis Delcourt ("Finkel" avec Gine en 1994 ou "Rogon le Leu" avec Alexis Chabert puis Sébastien Cosset, en 1996).

Il a même été coloriste (notamment sur un "Blake et Mortimer" dessiné par son vieux complice André Juillard), le rédacteur en chef de la revue Vécu et, maintenant, il est directeur éditorial chez Glénat. Rencontre avec ce touche à tout enthousiaste.

Comment as-tu commencé dans la BD ?

J’ai débuté la BD aux éditions Bayard et Fleurus, dans les années 1970. À cette époque, ces deux maisons possédaient de nombreux journaux hebdomadaires jeunesse à fort tirage ; les auteurs débutants disposaient ainsi de supports pour y faire leurs preuves dans de courtes histoires, puis, le métier entrant, dans des séries. Il n’était pas question d’albums, alors. Nous pouvions faire nos armes en toute liberté. D’illustres collègues sont passés par cette voie : Juillard, Binet, Dermaut, Bourgeon… Nous y avons tous fait nos classes !

Remarqué par le journal Tintin, j’ai ensuite créé la série "Neige" pour le dessinateur Gine au Lombard, et ce fut le véritable point de départ de ma carrière. Je devenais scénariste tout en poursuivant parallèlement le dessin d’aventures personnelles !

C’est là qu’Henri Filipini est venu me « débaucher » pour poursuivre Neige chez Glénat et y forger ma carrière jusqu’à mon fameux "Triangle Secret"


Tu es désormais éditeur chez Glénat. Qu’est-ce que ton expérience d’auteur t’apporte pour ton travail et vice versa ?

Vinci, l'ange briséVinci, l'ange brisé

La connaissance du métier d’auteur permet des rapports privilégiés avec les collègues. On comprend mieux leurs intentions, leurs angoisses, leurs doutes. Etre du sérail, de la confrérie, offre une qualité d’écoute permanente et l’on peut suivre les projets avec un œil critique mais chaleureux.

De plus, cet échange perpétuel entre l’auteur et l’éditeur apporte à l’un et à l’autre matière à de nombreuses remises en question.

Je dois néanmoins reconnaître que j’ai ralenti mon activité d’éditeur, tellement accaparé par le succès du "Triangle Secret" qui comporte trois saisons (j’en suis à la dernière !) et les nouvelles séries que j’anime.


Tu touches à des domaines très variés : quelles sont tes sources d’inspiration ?
Je puise mon inspiration dans la vie même. Dans tout… Je suis une véritable éponge qui absorbe sans cesse tout ce qui l’entoure. Un vague fait divers comme un drame colossal peuvent devenir des sujets de scénario.

Je lis énormément. La presse, les biographies, les romans… J’écoute beaucoup. Et puis il y a ce mystère que je ne saisis pas : cette idée, parfois, qui surgit sans prévenir. Comme ça, un beau matin ! Et c’est la bonne. Celle que des milliers de petites graines ont nourrie à votre insu.
Mais naturellement, mes sujets de prédilection sont philosophiques, ésotériques, historiques et humanistes. Tout ce qui peut faire reculer la connerie humaine !


Quels sont tes projets ?

la série INRIla série INRI

Ils sont nombreux. Peut-être trop. Je travaille sur "les gardiens du sang" la troisième saison du "Triangle Secret", je reprends "Neige" avec Eric Adam comme coscénariste, j’ai créé une série d’espionnage avec Jean-Christophe Thibert, je poursuis "Tanâtos" avec Jean-Yves Delite…
Mais, là, je ne parle que de BD. Je dois écrire un nouveau roman et je bosse sur deux scénarios de films…

Et, s’il me reste un peu de temps, je me remettrais bien en équipe avec Chaillet pour réaliser un nouveau diptyque après le Vinci…
Le temps, c’est ce qui va commencer à me manquer !