Louis Delas, PDG de Casterman et Fluide Glacial par caroline le 06/03/2009

Louis Delas est le   PDG de Casterman et Fluide Glacial,  président  du groupe BD au syndicat national de l’édition. Il fêtera cette année ses 10 ans de maison.

Comment avez-vous démarré votre carrière dans l’édition ?


Bizarrement, par la Corée… En 1986, pour mon service militaire,  j’avais un poste en VSN au service culturel de l’ambassade de France à Séoul….. J’étais responsable commercial  des produits culturels, en particulier,  le livre…J’étais en rapport avec des maisons d’édition en France, je vendais les droits d’Astérix en Corée avec Anthea Shackleton, malheureusement disparue depuis…
Par goût personnel, j’ai développé plus particulièrement la bd et le livre pour enfants… Fin 1987 quand je suis rentré en France, l’un des éditeurs avec lesquels j’avais travaillé, Hatier, m’a proposé un poste.Hatier venait de racheter Vents d’Ouest et m’a proposé un emploi aux droits dérivés… J’ai rejoint l’équipe en janvier 1988, avec Jacky Goupil, mon complice (directeur éditorial). Je m’occupais des droits étrangers (merchandising et licensing). Puis Glénat a racheté Vents d’Ouest en 1992.
Alors le PDG de l’époque, Maurice Trevinal, est parti… C’est alors que je suis devenu D.G. de Vents d’Ouest. J’ai été chargé, entre autres, de restructurer la maison et le catalogue…

En 1998, Casterman n’allait pas bien… En 1999, un chasseur de têtes m’a débauché pour prendre la tête de la maison et remettre le bateau en marche. Je vais donc fêter mes 10 ans à la tête de  Casterman cette année !


Quels sont les plaisirs et les difficultés  de votre métier ?
Les deux viennent du même problème : le plus intéressant et le plus difficile, est de  gérer au quotidien  des problématiques émotionnelles… Gérer à la fois du financier et du passionnel…. Il y a des problématiques rationnelles liées à toute entreprise, mais aussi des problématiques irrationnelles liées à la création et aux créateurs. C’est à la fois une source de joies intenses et une source de difficultés… Il faut que, malgré ses problèmes personnels, un auteur soit en état de créer… C’est la gestion de l’eau et du feu…

Quels sont vos projets ?
Le marché de la bd est en pleine évolution, et chez Casterman, nous avons une politique sélective : on ne cherche pas à faire du chiffre d’affaire, on cherche de la qualité et de la durée, en gardant toutefois un niveau de résultat qui permet une marge de manœuvre et de beaux projets d’édition. Notre catalogue est illustre. Il comprend 50% de fond, ce qui est rare… C’est une politique qui paie en temps de crise. Nous sommes présents dans différents axes éditoriaux sans chercher « l’attrape tout »…Il faut être cohérent avec ce qu’on est et ce qu’on sait faire, et rester dans un registre qu’on maîtrise…