CHRONIQUE - Septembre en t’attendant - Casterman par annelaure le 26/10/2009


Lundi 10 septembre 2001. Luis Torres vient de vivre son tout premier jour de boulot chez Cantor Fitzgerald, une firme financière de Manhattan, en tant qu’agent de change. Un vrai ballon d’oxygène pour ce jeune Américain ambitieux d’origine colombienne. Le mois précédent, en août, il a perdu son précédent emploi. Or sa femme Alissa, rencontrée trois ans plus tôt, est enceinte de plus de sept mois, et le jeune couple, toujours très amoureux, vient d’acquérir une maison dans le Queens, qu’il faut commencer à rembourser.Rien, pourtant, ne se passera comme prévu.

 
Le lendemain, le 11, très tôt le matin, Luis a quitté la maison pour aller vivre sa seconde journée de travail chez son nouvel employeur. Un peu plus tard la même matinée, deux avions de ligne détournés percutent les tours jumelles du World Trade Center. Cantor Fitzgerald, dont le siège se trouve dans les tours, fait partie des entreprises les plus durement touchées. Plus de 650 de ses employés perdent la vie. Luis fait partie de ceux qui choisiront de sauter dans le vide…

 
Pour Alissa, enceinte puis bientôt maman d’un nourrisson, il va falloir apprendre à survivre. Les premières semaines, elle est très entourée. De partout, organismes caritatifs et personnes privées lui proposent leur aide, morale, matérielle, financière. Mais au fur et à mesure que le temps passe, les relations se tendent, les procédures administratives se durcissent, les premiers reproches surgissent…



La Chronique d'Anne-Laure :

 

Comment ressortir indemne de "Septembre en t’attendant" ?

Alissa Torres est enceinte de son premier enfant, lorsque son mari disparaît brutalement dans les attentats du 11 septembre.

Du jour au lendemain, sa vie calme et paisible se transforme en cauchemar. Comment (sur)-vivre après un tel drame ? En se livrant dans cet ouvrage, Alissa réussit avec beaucoup de pudeur à décrire l’absence, le manque, mais également les vautours qui règnent autour d’évènements de cet ampleur : les médias, les difficultés administratives, les organisations d’aide aux victimes.

C’est par l’amour de l’homme perdu, par les souvenirs vécus ou qui lui ont été contés qu’Alissa arrivera à refaire surface et continuer à vivre. En somme, elle livre ici le plus bel hommage que l’on puisse rendre à l’être aimé.

Alissa Torres (au scénario) a travaillé main dans la main avec Sungyoon Chol (au dessin). Tout comme le texte, la mise en image est particulièrement soignée. Si c’est le texte qui donne le rythme et qui prend probablement le pas sur le dessin, Sungyoon Chol retranscrit avec brio les émotions (notamment les cauchemars), mais également les souvenirs du mari (marqué par un contour noir). Sur la couleur, le sobre est de mise : beaucoup de noir, un peu de bleu et parfois du rouge.

Un coup de cœur, mais peut-être à éviter en cas de gros cafard et pour les femmes enceintes !

A lire sur bd.Casterman.com  l'entretien avec Alissa Torres.

L'échelle des humeurs du mouton