Interview : Les heures impaires d'Eric Liberge par guy le 09/10/2009

Aux heures impaires - Couverture

Comment avez-vous démarré dans la bande dessinée ?

Je me souviens avoir toujours dessiné, et la BD en tant que mode d’expression a commencé à m’intéresser dès l’âge de 4, 5 ans. Dès que j’ai été en contact avec le Journal de Mickey. Ma grand-mère en avait deux grosses reliures chez elle, que je n’arrêtais pas de feuilleter. Puis vers 10 ans je me suis mis à dessiner ce qui allait devenir, en 1996, l’univers de Monsieur Mardi-Gras Descendres. Entre temps, j’ai découvert d’autres lectures, la BD belge et Metal Hurlant, qui allait devenir ma principale source d’influence, avec des auteurs comme Druillet, Moebius et tous ces dessinateurs qui ont initié la BD adulte en France. A partir de 1990, j’ai collaboré à quelques fanzines, qui m’ont permis de me faire la main et de construire mon propos pour l’avenir : le fantastique et la science fiction.

Le personnage principal de votre album est sourd. En quoi vous sentez-vous concerné par ce handicap ?

Pour "Les Heures Impaires", j’ai souhaité camper un homme en colère, que le monde de l’Art allait charmer et transformer. Mon frère cadet est sourd, et je sais, pour avoir vécu toute son enfance et son adolescence, que la surdité, comme tous les autres handicaps, suscite énormément de frustration vis à vis du monde des entendants. J’ai pu approcher avec lui leur manière singulière de concevoir le monde et de l’appréhender par rapport à la langue des signes, qui est très imagée. Les sourds ont une autre vision du monde qui leur est propre, et j’ai souhaité la faire figurer dans l’album, parce qu’elle est trop méconnue de nous, et peut nous apporter beaucoup.

Quels sont vos projets ?

Je termine la série des "Corsaires d’Alcibiade" chez Dupuis et m’occuperai ensuite (toujours chez Dupuis) d’un projet de trois albums qui se passe pendant la seconde guerre mondiale, qui s’appelle "L’Empire du Rêve" et dont le propos porte sur le rapport des hommes à la violence, en temps de guerre.