CHRONIQUE - Pain d'alouette, T.1 : Première époque - Futuropolis par stephane le 15/11/2009

Prix neuf :
16.00 €
En librairie le :
05/11/2009
Scénario
Christian Lax
Dessin :
Christian Lax
Couleur :
Christian Lax
Série :
Pain d'alouette
Éditeur :
Futuropolis
Format :
240 x 300 mm 72 pages
Thème(s) :
Futuropolis , histoire

La chronique en bref

Lax nous offre un scénario âpre qui ne peut laisser indifférent les valeurs qu’il célèbre autour de cette aventure humaine sont quasi-universelles.

La chronique de Stéphane :

20 avril 1919. La guerre est finie. La renaissance de l’épopée sportive du Paris-Roubaix ne suffit pas à la faire oublier : son itinéraire s’inscrit dans un paysage aux douloureux souvenirs, encombré des vestiges des champs de batailles et dévasté par les feux de l’artillerie. Elle se révèle dans toute sa souffrance, mais aussi dans toute sa grandeur, au jeune Elie, venu la découvrir, accompagné par son oncle, ancien coureur cycliste. La noirceur des mines du Nord, où, quelques années plus tard, Elie devra descendre, n’a rien à envier à celle de l’orphelinat du Sud-Ouest dans lequel, une petite fille, Reine, tente de survivre…

 « Que maudite soit la guerre ». Plutôt que nous montrer les gueules cassées, Lax préfère nous les cacher, mais il ne nous dissimule rien des vies que la guerre a brisées. Du Nord au Sud-Ouest, il dresse une galerie de personnages hauts en couleur, qui gravitent autour d’Elie et Reine. Contrepoint de ces destins parallèles, la légende du Paris-Roubaix, surnommée à juste titre « l'enfer du Nord », est synonyme d’effort, de souffrance, mais aussi d’exploit. Le parallèle est évident entre cette course et la vie des mineurs. Ces derniers, habitués à « aller au charbon », vivent au diapason des « trimards » qui affrontent ces routes pavées d'un autre âge. Pourrait-on imaginer meilleur symbole pour exprimer la dignité de la condition ouvrière ? Autre symbole de ce récit, celui de l’ultime don d’un père à son enfant, le « pain d’alouette » : les restes de pain rassis que le père mineur ramenait, du fond de la fosse, pour ses enfants. « La meilleure des brioches ne saurait rivaliser avec un tel trésor ! ».

Les aquarelles de Lax restituent fidèlement l’atmosphère de ce récit. L’usage du graphite vient surcharger d’ombres le décor de la mine et nous plongent dans l’obscurité qui règne en ces lieux. Son trait rugueux et ses mélanges de couleur nous livrent sans concession les différents univers dans lesquels évoluent les protagonistes de son récit : leurs visages marqués par la vie, burinés, fatigués sont très expressifs.

Dans le premier tome de ce diptyque, Lax nous offre un scénario âpre qui ne peut laisser indifférent. Comparés à la dureté de la vie de ses personnages, la course du Paris-Roubaix apparaît presque comme un soulagement. Son remarquable dessin est à la hauteur des ambitions de son récit. Nul besoin de partager la passion de Lax pour le cyclisme, pour prendre plaisir à suivre les aventures de « La petite Reine » et de son héroïne éponyme, car les valeurs qu’il célèbre autour de cette aventure humaine sont quasi-universelles.

Votre chroniqueur

L'échelle des humeurs du mouton