CHRONIQUE - Brouillard au pont de Bihac - Casterman par guy le 24/11/2009

Prix neuf :
17.00 €
En librairie le :
07/10/200
Pas mal
Scénario
Jean-Hugues Oppel , Gabriel Germain
Série :
rivage
Éditeur :
Casterman
Format :
Dimensions : 18.6x26x1.4 cm
Thème(s) :
guerre , combat

La chronique en bref

Le dessin sert parfaitement la cause du récit. On regrettera toutefois la longueur du récit

La guerre fait rage à Bihac, comme dans tant d’autres villes de l’ex-Yougoslavie. Les factions sont en embuscade, les snipers se défoulent, les civils trinquent. Il n’y en a plus que pour la combine, la débrouille, la survie au jour le jour. Un cul de basse-fosse, sinistre, où sont venus mourir tous les espoirs, avec les troupes impuissantes de l’ONU en guise de fossoyeur. Vaste foutoir.

C’est dans ce paysage dévasté qu’attendent Radko et Alija, embusqués dans les caves d’une ancienne banque. Quand le monde était encore normal, l’un et l’autre travaillaient dans cette banque. Le jour où le bâtiment a été bombardé, puis évacué, eux seuls en ont réchappé. Eux seuls et un camion blindé, demeuré miraculeusement intact en sous-sol. Un camion blindé bourré de titres au porteur, de lingots et de devises diverses.

Depuis, bien sûr, tout le monde a oublié le camion. Pas eux. Alors, comme des rats enterrés, Radko et Alija attendent. Ils attendent le brouillard, qui ne manque jamais d’arriver en cette saison. Le brouillard qui leur permettra enfin de sortir tranquillement de leur cave au volant de leur véhicule blindé, maquillé en ambulance des Nations Unies...

Brouillard au pont de Bihac est à l’origine une nouvelle de Jean-Hugues Oppel parue en 1997 aux éditions Loupiote, ultérieurement reprise en recueil.

La chronique de Guy-landry

Cette bande dessinée regroupe les deux nouvelles de Jean-Hugues Oppel : Brouillard au pont de Bihac et 58 minutes pour mourir.

La première nouvelle nous relate l’histoire de Radko, un sniper qui parle peu et s’amuse à tirer sur tout ce qui bouge dans sa ligne de mire. On aurait dit un sniper fou, mais voilà, c’est la guerre et toute victime n’est qu’un dommage collatéral. Radko s’est trouvé enrôlé alors qu’il était salarié dans une banque. Son monde a disparu après quelques bombes larguées sur son pays. Il essaye, autant que des soldats de l’O.N.U, de se tirer vivant de cet enfer avec l'aide de son ex-collègue Alija. Mais voilà, un enfant, une mère de famille, un brouillard, va faire basculer les choses. Un récit accompagné d’une voix off qui nous fait voir le quotidien de différents protagonistes de la guerre.

La seconde nouvelle quant à elle se déroule dans un aéroport. Là encore, on retrouve une voix off cynique, un narrateur omniscient qui renforce la pesanteur que l’on ressent dans chaque dessin, dans chaque visage des personnages. Il est question d’attentat à la bombe dans un avion. Rien de nouveau me direz-vous. Mais le scénario est subtil, les événements imprévus et le tout donne un univers crédible. Univers emplit de noirceur et de malheur inévitable. Un récit sombre pour une fin loin d’être heureuse.

Le dessin sert parfaitement la cause du récit. Chaque page est lourde, le crayonné est efficace et ne fait pas dans l’esthétisme. Le noir sur blanc donne vraiment une impression de chaos à chaque scène. Les personnages sont comme hantés par des fantômes. Le jeu de l’ombre et de la lumière est ici bien maitrisée. C’est un vrai régal graphique.

On regrettera toutefois la longueur du récit qui nous laisse sur notre faim. Ce qui n’enlève rien au fait que c’est une bande dessinée de très bonne facture.

Format: 18.6 x 26 cm, 104 pages
Couverture souple avec rabats
Prix : 17 Euros
One Shot

L'échelle des humeurs du mouton

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