CHRONIQUE - L'Affaire des affaires T.2: L'Enquête par Pierre le 28/12/2009

Prix neuf :
22 €
En librairie le :
27/11/2009
Bien
Scénario
Denis Robert
Dessin :
Laurent Astier
Couleur :
N&B
Série :
L'affaire des affaires
Éditeur :
Dargaud
Format :
17,4cm x 24cm; 200 pages
Thème(s) :
dargaud , journalisme , Denis Robert , finance

La chronique en bref

Si cette bande-dessinée est parfois difficile à comprendre, elle se lit cependant comme un véritable polar. On se surprend à angoisser pour le sort du journaliste.

Le synopsis des éditions Dargaud:

Jamais une bande dessinée n’aura autant été sous le feu de l’actualité : Nous avions laissé Denis Robert en juin 1997 à la fin du tome 1 (« L’argent invisible ») alors qu'il entrait en contact avec un mystérieux informateur luxembourgeois.

Nous le retrouvons en septembre 2009 dans ce tome 2 (« L’Enquête ») alors que débute le procès où il comparaît pour recel de vol. Lui et beaucoup d’autres disent qu’il est poursuivi pour journalisme. Ce tome 2 de « L’Affaire des affaires » sort donc alors que les cinq semaines du « Procès Clearstream 2 » viennent tout juste de s’achever (verdict attendu le 28 janvier 2010). On est dans un polar sur l’hyperfinance. Ses coulisses, ses pressions, ses acteurs. On suit le journaliste dans son enquête.

La chronique de Pierre

Que le lecteur ne se méprenne pas, ce tome 2 de "L’Affaire des Affaires", "L’Enquête", est très clairement l’histoire de son auteur : Denis Robert. Cet album retrace donc le récit d’un journaliste d’investigation enquêtant sur « Clearstream », cette fameuse banque des banques dont tout le monde a entendu parler, sans toutefois parvenir à comprendre de quoi il s’agit exactement.

Comprendre les méandres de ce deuxième tome témoigne pour le lecteur ou bien d’un farouche intérêt pour l’actualité, ou bien de bonnes connaissances en économie, ce sans quoi l’exercice peut s’avérer difficile. Passé ce détail, Denis Robert livre là une histoire d’autant plus passionnante qu’elle s’ancre dans le réel. On a tôt fait de s’attacher au personnage principal, qui semble tout petit face à une machination extrêmement complexe orchestrée par les milieux financiers. L’impression sous jacente qui domine est celle d’un complot organisé face auquel le journaliste se retrouve seul ou presque. En accusant Clearstream de blanchir de l’argent, Denis Robert prend des risques.

Le récit, divisé en chapitres afin de faciliter la compréhension, plonge le lecteur dans une aventure à dimension humaine, où obtenir une preuve relève du parcours du combattant. On suit avec intérêt le combat de Denis Robert face à ses adversaires : non seulement les banques qu’il met en cause, mais aussi indirectement son entourage, qui s’il le soutient, lui demande également d’abandonner une affaire qui semble le dépasser. Bien loin des reportages de Tintin, 'L’Enquête" s’emploie à démontrer le vrai travail du journaliste, et les difficultés auxquelles il se heurte.

Côté dessin, le travail de Laurent Astier facilite la lecture. Le choix du noir et du blanc est judicieux. Il appuie le propos de l’auteur et plonge résolument le lecteur dans une ambiance de polar. Les illustrations de la finance sont explicites tant les métaphores parlent d’elles-mêmes. Dommage que les visages des différents personnages semblent parfois peu naturels.

Si cette bande-dessinée est parfois difficile à comprendre, elle se lit cependant comme un véritable polar. On se surprend à angoisser pour le sort du journaliste. Le dessin renforce cette impression de noirceur, qui prend tout son sens lorsque l’on se rappelle qu’il s’agit de faits réels : à l’heure actuelle, Denis Robert fait encore l’objet de nombreux procès intentés par des grands groupes bancaires.

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