Jean-Paul Krassinsky est connu comme dessinateur et scénariste de bandes dessinées. Il est né en 1972 en RFA. Il commence par suivre des études d'art à la Sorbonne avant de se lancer dans des études de communication. Après une étape dans la publicité en tant que Story Boarder, il se lance officiellement dans l'aventure du 9ème art.
Ses derniers albums, "Les fables de la poubelle", sont deux albums d'humour tranchants dont la devise est "Toutes les belles histoires ont déjà été racontées. Il reste les autres"
Rencontre avec un auteur étonnant, qui ne manque ni de ressources ni d'idées.
Jean-Paul, quand tu étais gamin, quelle type de bande dessinée lisais-tu, quels auteurs t'ont inspiré ?
Petit, j'ai eu la chance de pouvoir avoir accès à plein de bandes dessinées, donc je me suis nourris de plein de choses. J'adorais Strange, la bd américaine, mais aussi les comics pockets qu'on pouvait trouver en kiosque et la puis la bd franco-belge classique piochée à droite à gauche. Après, j'ai eu quelques chocs de lecture comme Andreas, Cabanes, et puis Moebius et Bilal. J'ai lu Bilal vers 11 ans, ça été un choc même si je ne comprenais pas forcément tout.
A quel âge as-tu commencé à dessiner ?
J'ai commencé tout petit. J'ai même dessiné quelques épisodes des "4 fantastiques". Elles demeurent inédites (rires).
Dans ton parcours, est-ce qu'il y a eu des rencontres déterminantes qui t'ont amené à la bande dessinée ?
Il n'y a pas eu de rencontre qui m'ait vraiment fait basculer. Cela s'est fait petit à petit, avec un processus assez naturel. J'ai toujours su que je voulais faire du dessin et de la bande dessinée. Je n'ai pas fait des études en rapport car je me suis dit "je le ferai de toute manière". J'ai passé un bac économie, puis me suis dirigé d'abord vers l'histoire de l'art et enfin vers des études de communication. Je suis ingénieur en communication, ça claque hein ? (rires). Après mes études, j'ai fait un peu d'illustrations, de la pub et je suis arrivé à la bd.
Tu as une bibliographie assez impressionnante depuis 2001 ( Kaarib, AK, Les coeurs boudinés, Le singe qui aimait les fleurs, les Fables de la poubelle, Toutoute première fois, Vampyres), comment trouves-tu le temps ?
C'est vrai, je n'ai pas chômé ! Mais pour beaucoup de bouquins, j'ai travaillé en collaboration, donc ça va plus vite. Dans le tas, il y a aussi beaucoup de travaux autour de la photo. Les AK, par exemple, ce sont des romans photo avec des peluches un peu débiles. On peut les considérer comme les Muppets Show du pauvre. J'ai fait des bouquins jeunesse aussi. Bref, tout ça donne l'impression de beaucoup de choses, mais en fait il s'agit surtout de petites choses.
Dans le premier tome des "fables de la poubelle", tu t'attaques aussi au scénario en plus du dessin. Du coup, que préfères-tu ? travailler seul ou à deux ? Tu es plutôt scénario ou dessin ?
En fait, j'aime bien tout ! J'aime bien goûter à tous les plaisirs de la bande dessinée. Parfois, j'ai une idée et pas envie de la dessiner. Si je trouve quelqu'un pour le faire à ma place, alors c'est chouette. Et puis, à l'inverse, il y a des soirs où je n'ai pas envie d'écrire mais de dessiner. Auteur complet, c'est vraiment sympa car on est le seul maître à bord, mais c'est un peu solitaire quand même. Collaborer, ça permet de voir comment font les autres, de comparer nos tambouilles respectives. C'est une manière d'apprendre, de progresser intéressante.
Parmi tes collaborations, est-ce que l'une d'entre elle a été plus enrichissante ou plus importante que les autres ?
A chaque fois c'est très différent. Je n'ai pas fait assez de collaborations pour pouvoir comparer ou mettre une échelle de valeur. A chaque fois c'est un mode de pensée différent. C'est le principe de collaborer qui est enrichissant. Toutes les personnes avec qui j'ai bossé, je sais que je bosserai de nouveau avec, si ce n'est déjà fait.
Si on revient sur ton actualité, combien de temps as-tu passé pour réaliser "Les fables de la poubelle" ?
Concernant le premier tome, ça s'est étalé. C'est un recueil d'histoires réalisées sur différentes années. Pour le tome 2, je l'ai réalisé d'une seule traite. J'ai commencé en avril 2009 et fini cette année, en janvier.
As tu prévu de faire d'autres tomes ?
A priori c'est sur deux tomes. L'idée était de faire une mini-série qui se tient au niveau des objets. La couverture du deuxième tome répond à celle du premier. Pour le deuxième, j'ai demandé à des copains de me faire des histoires que j'ai dessiné. Il y a 10 scénaristes sur ce tome, ceci pour vous dire à quel point j'aime la collaboration! (rires) En fait, je fais comme Jonnhy Halliday : je fais faire mes albums!
Personnellement, je trouve ton album très différent de ton travail habituel. Pourquoi avoir utilisé un dessin type "gros nez"?
Je dessinais comme ça a dix ans. Peut-être un peu moins fini, mais c'est le style naturel de dessin que j'avais gamin et je trouvais marrant de l'utiliser. En limitant le style au niveau du dessin, ça m'a permis de faire autre chose sur l'écriture. C'est une sorte de contrainte créative et c'est aussi plus facile à faire.
Et en ce moment, sur quoi travailles-tu ?
Je travaille pour Fluide Glacial où je raconte toutes les premières fois des gens. Pour être plus précis, c'est comment leurs premières fois ont été ratées. Après la sortie de l'album "Toutoute première fois" l'année dernière, j'ai continué sur ma lancée car je me sens bien à Fluide. Disons-le, au niveau humour, c'est ce qui se fait de mieux comme journal ! (rires)
Comment se fait-il que vous travailler avec plusieurs maisons d'édition ?
Même s'ils se veulent généralistes, les éditeurs aujourd'hui sont quand même un peu spécialisés. Il y a des choses qu'ils savent bien vendre, bien faire et d'autres un peu moins bien. L'idée, c'est de trouver le bon éditeur pour le bon album. Je prépare actuellement un nouvel album qui ne paraitra pas avant 2011 ou 2012 avec Maïa Mazaurette (scénariste de Péchés mignons Tome 3). Il s'agit d'un projet assez grand public, du coup on va le faire chez Dupuis. On aurait pu le faire chez Dargaud, mais il y a plus de cohérences à le donner à cet éditeur là. Finalement, c'est une chance d'avoir plusieurs éditeurs, et en plus ça les rend jaloux les uns les autres (rires).
Interview : Nicolas Gouju
Photos : Sylvain Jorge Do Marco, Baptiste Gimonet
Retranscription et mise en page : Anne-Laure Guénet

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