CHRONIQUE - Mouarf, journal intime d'un geek dépressif par Pierre le 11/05/2010

Prix neuf :
14 €
En librairie le :
18/09/2009
Bien
Scénario
DAvy Mourier
Dessin :
DAvy Mourier
Couleur :
DAvy Mourier
Série :
Mouarf!
Éditeur :
Adalie
Format :
56 pages; couleurs
Thème(s) :
humour , blog bd , adalie , Davy Mourier

La chronique en bref

Le scénario, sans être exceptionnel, est porté par un humour assez léger compte tenu des sujets abordés. On attend juste de l’auteur qu’il se donne un peu plus de mal côté graphisme sur les albums suivants.


Le synopsis des éditions Adalie

Mouarf ! C'est l'onomatopée qui vient lorsque l'on se rend compte qu'on est impuissant face au temps qui passe, lorsque l'on réalise qu'on ne peut pas tout maitriser ni l'amour d'une femme, ni la mort de nos parents.
Mouarf ! C'est le son qui s'échappe de notre bouche lorsqu'on apprend qu'on a toute la vie devant nous et qu'on ne sait pas quoi en faire.
Mouarf ! C'est le grognement inutile et désabusé que l'on jette à la face du monde pour signifier notre mécontentement d'être humain.

La chronique de Pierre

« Journal intime d’un geek dépressif ». Voilà un sous titre qui résume de manière efficace cette bande-dessinée. Pour quelles raisons au juste ? :
Journal intime ? Parce que Davy Mourier se livre, nous raconte des moments personnels de sa vie. Geek ? Parce que, incontestablement, l’auteur en est un (il est blogueur et également à l’origine de la série télévisée « Nerdz », c’est dire). Et enfin dépressif ? Parce que c’est de peurs et de questionnements dont il s’agit. Le scénario de cet album est donc en effet condensé dans son titre, qui est loin d’être trompeur.

Le postulat de départ de cet album est simple : parler de soi. Parler des problèmes que l’auteur, et quelque part tout un chacun, a peur d’affronter au quotidien : peur de la solitude, peur de la mort, peur d’un peu tout en somme. A travers cette bande-dessinée, Davy Mourier nous entraine avec lui dans le lent cheminement psychologique qui lui permet de répondre à ses questionnements. De la gestion d’une rupture difficile au rendez-vous chez le psychiatre afin de guérir une peur de la mort (de soi et des autres) irraisonnée, nous assistons à une véritable remise en question de l’auteur, et apprenons en même temps que lui à vivre et à percevoir les choses d’une manière différente. On se surprend rapidement à apprécier les anecdotes narrées par le blogueur. L’humour omniprésent à travers le récit et le dessin allège réellement le ton d’un récit qui aurait pu devenir ennuyant sans cela.

L’aspect graphique de l’album n’y est pas étranger. Le dessin, extrêmement basique (un bonhomme style « Pendu » un peu cartoon) va peu à peu en se complexifiant. Les couleurs sont peu nombreuses et toutes en nuances de gris et de rouge. En réalité, c’est surtout la façon dont l’auteur s’empare des pages qui s’avère originale. Le personnage de l’auteur (puisqu’il s’agit ici d’un récit autobiographique) sort de ses cases, y entre à nouveau, joue avec le décor. Une approche qui a le mérite de faire varier les plaisirs. On aimerait juste que ça aille un peu plus loin, à la fois dans la mise en page du dessin mais également sur les décors et les protagonistes qui restent, malgré tout, un peu trop simplistes.

« Mouarf » est un premier pas agréable dans l’univers de « Triptyque bipolaire ». Le scénario, sans être exceptionnel, est porté par un humour assez léger compte tenu des sujets abordés, et le dessin, bien que simpliste, permet une lecture facile. On attend juste de l’auteur qu’il se donne un peu plus de mal côté graphisme sur les albums suivants. D’autant plus qu’on sait qu’il est capable de mieux, comme en atteste son blog : http://www.badstrip.net/ .

Votre chroniqueur

L'échelle des humeurs du mouton