Le synopsis des éditions Dupuis :
A l'effervescence politique, artistique et amoureuse du Mexico du début des années 1920 succèdent le tumulte et le doute, tandis que point, déjà, le désenchantement auquel Tina, pas plus que ses amis, n'échappera. Tandis qu'Edward poursuit le chemin qui le mènera aux cimes de son art, Tina se cherche, ballottée entre le désir de changer le monde et la peur de s'enfermer dans un choix.
La chronique de Julie :
L'impertinence d'un été dessine l'histoire d'un couple mythique d'artistes, Tina Modotti et Edward Weston. Au lendemain de la révolution mexicaine, et à l'aube de la guerre civile entre pouvoir communiste et prêtres catholiques chassés en masse de leur terre, Lapière et Pellejero posent sur le papier les questionnements existentielles et politiques de ces deux artistes engagés. Après la première partie où l'on découvrait la passion brûlante entre Edward, quittant femme et enfants afin de rejoindre Tina à Mexico, voici le récit de l'essoufflement de leur passion, rythmée par la quête de l'inspiration artistique et de la poursuite d'un idéal révolutionnaire.
Tina, célèbre pour ces clichés photographiques, ne parvient plus à créer. Mi-libertine, mi-prisonnière de son amour voué à Edward, ses journées sont teintées d'ennui et de questionnements. Elle cherche à s'engager, à créer. Entre une atmosphère lourde de changement politique et le retour d'Edward, absent et mélancolique, elle va devoir faire le choix, malgré elle, de rester dans ce Mexique, au bord de l'éclatement.
Edward, lui, n'est déjà plus dans ce combat. Revenant de Los Angeles, accompagné d'un de ses fils, il ne restera à Mexico que le temps de retrouver un nouveau contrat. Entre tristesse et introspection, il repart avec ce qu'il était venu chercher: son style.
Le scénario de Denis Lapière est bien ficelé. L'atmosphère lourde d'un Mexique au bord de l'implosion et, déjà meurtri par une guerre civile, est presque palpable. Toujours dans le parfum enivrant de ces pays d'Amérique du Sud, les dessins de Ruben Pellejero, bien qu'un peu fades, parviennent à révéler ce côté festif et séduisant de ces ambiances romantiques-révolutionnaires.
Si l'histoire se laisse donc découvrir patiemment, Théo, le conteur, est parfois introduit maladroitement. Son personnage, qui était très proche de Tina, semble vouloir casser sans trop y parvenir cette ambiance étouffante et explosive. Les questionnements existentielles de ces deux artistes phare du Mexique des années 30, perdus et tourmentés entre leur besoin d'indépendance et d'inspiration, prennent vie avec douceur et espoir. Une bande dessinées à lire et à apprécier tranquillement...
Parallèlement à cette édition, il existe une édition limitée et numérotée à 777 exemplaires avec un frontispice inédit imprimé sur papier d'art et jaquette, vendue au prix de 30 euros.