CHRONIQUE - Sarah Cole, une histoire d'amour d'un certain type par geraldine le 01/06/2010

Prix neuf :
17,00 €
En librairie le :
06/05/2010
Pas mal
Scénario
Grégory Mardon , Russel Banks
Dessin :
Grégory Mardon
Série :
Sarah Cole, une histoire d'amour d'un certain type
Éditeur :
Futuropolis
Format :
80 pages en bichromie, 22 x 30 cm
Thème(s) :
Futuropolis , Russel Banks

La chronique en bref

La BD n’est pas bavarde et c’est tant mieux, le dessin se suffit à lui-même. Il y a un truc malsain et pas commun dans cette histoire qui nous dérange et qui paradoxalement, nous pousse à tourner les pages... Cette histoire froide et cinglante vous prendra aux tripes...

Sarah Cole, une histoire d'amour d'un certain type est une nouvelle de Russell Banks adaptée en bande dessinée par Grégory Mardon. C’est une histoire d’amour, enfin un peu particulière, un peu spéciale quand même, pour ne pas dire… perverse, peut-être. Paul est jeune, beau, riche, avocat, récemment divorcé. Sarah n’est plus toute jeune, a le sourire facile mais laid, un corps déformé par les bourrelets de graisse, travaille comme manutentionnaire dans une imprimerie, est divorcée, a trois enfants. Par une soirée de désoeuvrement, Paul s’arrête au Osgood’s Bar. Il est abordé par Sarah. Elle est venue avec des collègues de travail boire un verre avant de retourner dans son triste foyer. Ils se revoient la semaine suivante. Pourtant tout les sépare. Paul est apparemment séduit par Sarah.

Est-ce vraiment de l’amour ? acceptera t-il d’assumer cette relation aux yeux de tous ? Se contentera t-il d’une histoire en marge ?

La chronique de Géraldine

Grégory Mardon commence son album avec une préface écrite par Russel Banks, au cours de laquelle l’auteur américain raconte la genèse de cette histoire pour le moins atypique. Ainsi, il explique que l’histoire de Sarah Cole a au moins deux origines, la première vient d’une scène à laquelle il avait assisté plus jeune, dans un bar du New Hampshire. « La seconde est plus littéraire. J’avais réfléchi au conte du Prince Grenouille dans laquelle une belle princesse embrasse une vilaine grenouille qui se change en prince charmant (...) Mais que se passe t-il si l’on inverse les genres, de sorte que le prince charmant embrasse la vilaine grenouille ? (...) Lorsque le prince embrasse la grenouille, un problème moral se pose qui ne se posait pas lorsqu’il s’agissait de la princesse
Et oui, un problème moral se pose, car si le prince embrasse la moche grenouille, c’est pour faire apparaître une bombe sexuelle, une princesse super belle, prête à tout pour remercier son prince de lui avoir redonner son apparence humaine et sexuellement désirable.

Concentrons-nous sur la nouvelle dessinée de Grégory, qui à coups de traits noir et blanc, parvient à retranscrire l’ambiance de la nouvelle pour le moins glauque de Mister Banks. La BD n’est pas bavarde et c’est tant mieux, le dessin se suffit à lui-même.
Si au début, le lecteur peut avoir du mal à comprendre le dessein de ce beau gosse qui a tout pour plaire et qui s’intéresse à une femme pas méchante mais franchement vilaine, il n’en reste pas moins scotché par la chute disons, abrupte. Comment vous l’expliquer ? Il y a un truc malsain et pas commun dans cette histoire qui nous dérange et qui paradoxalement, nous pousse à tourner les pages...
Cette histoire froide et cinglante vous prendra aux tripes et plus jamais, vous ne lirez le Prince grenouille de la même façon à vos charmants bambins pour les endormir.


Votre chroniqueur

L'échelle des humeurs du mouton