Rencontre avec Jacky Goupil par caroline le 08/07/2010

Editeur, scénariste, Jacky goupil a commencé sa carrière en créant des fanzines et, petit à petit, a fait une belle carrière dans la bd, malgré quelques échecs… Mais Jacky Goupil ne renonce jamais, la preuve :

Livre d'or FranquinLivre d'or Franquin

Comment as-tu démarré dans la BD ?

J’ai démarré au début des années 70, en 1971 pour être précis. C’était l’époque où, quand on aimait la BD, on faisait un fanzine. J’étais un passionné et j’ai fait ce petit mag avec les moyens du bord et peu de relations. Zounds’ a eu 5 numéros, un spécial Walthery, un spécial Charlier. A partir de ce moment là je n’ai plus arrêté de faire de l’édition. J’aimais la BD mais encore plus le fait de publier des choses. J’ai fait des fanzines avec zéro moyen, zéro revenu et surtout beaucoup de perte d’argent…
Et puis, j’ai publié le premier livre qui a eu du succès, «le livre d’Or Franquin», un album d’une centaine de pages sur le principe du livre d’or, une sélection de ses meilleures planches. J’ai toujours admiré son travail. Il s’est vraiment très bien vendu. Cela m’a permis d’avoir un peu d’argent, donc la confiance de mon banquier et j’ai pu faire d’autres livres !

BastonBaston

Comment t’est venu l’idée de créer l’album « Baston » ?

J’ai rencontré quelqu’un appelé Olivier Pelazard qui a eu une très bonne idée : il n’y avait pas d’album 5 dans la série Gaston, alors il a eu l’idée formidable, avec Yann et Conrad, de faire un album d’hommage, que j’ai titré «Baston», avec une quarantaine de planches d’hommage dessinées par d’autres auteurs… On en a vraiment vendu beaucoup ce qui a donné un vrai souffle financier à ma petite maison… Puis j’ai publié d’autres albums puis un livre d’Or Morris...J’ai édité des revues d’infos sur la bd, appelées «Bikini». J’avais une maison qui tournait plutôt bien et j’avais pu embaucher des amis… Malheureusement notre diffuseur a mis la clé sous la porte me laissant une ardoise qui représentait la moitié de mon chiffre d’affaire…

Comment es-tu arrivé chez Vent d’Ouest ?
J’ai essayé de revendre ce qui me restait, les droits, les films, pour essayer de récupérer quelques sous, et c’est ainsi que j’ai rencontré Maurice Trevinal, créateur de Vents d’Ouest. La maison ne tournait pas trop mal, notamment les albums de Ptiluc ; il a proposé à Hatier de créer une filiale bd et c’est ainsi qu’ont démarré les éditions Vents d’Ouest... En janvier 1986, MauriceTrévinal cherchait quelqu’un pour s’occuper de l’éditorial. J’habitais dans l’Aude et n’avais aucune envie de revenir à Paris, pourtant, j’ai eu envie d’accepter pour me remettre à flot. On a signé à Angoulême 1986. J’y ai découvert le plaisir de faire des livres avec des moyens, puisqu’on avait Hatier derrière nous.

Guide Junior Tome 12Guide Junior Tome 12

Tu as été auteur, et aussi éditeur. Quelle partie préfères-tu et pourquoi ?

J’ai d’abord été éditeur avec toujours l’envie d’être auteur. J’ai élaboré quelques projets, entre autres avec Lax. Honnêtement, je ne sais pas, c’est très difficile à dire, mais j’adore écrire, inventer des histoires, la solitude devant le PC. Mais j’ai aussi une grande passion pour le métier d’éditeur, concevoir un bouquin. Pas pour le côté soutenir l’auteur, être à son écoute. Je me classe plutôt dans la catégorie d’éditeur qui crée des concepts de livres qui n’existent pas. J’aime faire des livres qui se vendent ; aussi, j’ai une réputation très "commerciale" . Il est vrai que ces dernières années, j’ai surtout écrit des gags, et pas de vraie histoire. J’ai d’abord été éditeur avec toujours l’envie d’être auteur, mais en réalité, je ne trouvais pas le temps ou l’inspiration… Même quand je suis auteur d’un bouquin j’en suis toujours un peu l’éditeur. Je regarde les planches, la fabrication, la commercialisation. Du coup mes éditeurs me trouvent parfois un peu chiant !

Aujourd’hui tu te lances dans le théâtre, encore une nouvelle casquette ?
Ça fait 20 ou 30 ans que je rêvais d’écrire une pièce. Mes amis m’ont toujours soutenu dans cette idée. Mais il faut se donner les moyens matériels de le faire. Je me disais « un jour je vais me retrouver sur mon lit de mort dans avoir écrit cette pièce ». Il y a 2/3 ans j’ai pris une petite chambre d’hôtel et j’y allais tous les mardis dès 7 heures pour écrire cette pièce.

Sur quels projets travailles-tu ?
Je suis en train d’écrire le tome 13 ou 14 des guides junior avec Sylvia Douyé « le guide pour être super génial », « Secret girls » n°4 chez Jungle, une série qui fonctionne bien.
Et puis, un album « Pour la vie » dans la collection Ecritures chez Casterman avec Claudio Staci au dessin prévu pour mars 2011.
Sinon, avec Sylvia Douyé on écrit des guides au féminin pour les éditions Vents d’Ouest, dessinés par Laetitia Aynié. Le premier : « je veux un homme parfait » sortira fin août.
Et enfin, j’ai aussi un projet sous le coude, pour lequel je n’ai pas encore trouvé de dessinateur