CHRONIQUE - Fais péter les basses, Bruno ! - Futuropolis par geraldine le 15/09/2010

Prix neuf :
20,00 €
En librairie le :
16/09/2010
Pas mal
Scénario
Hervé Barulea Baru
Dessin :
Hervé Barulea Baru
Couleur :
Hervé Barulea Baru
Série :
Fais péter les basses, Bruno !
Éditeur :
Futuropolis
Format :
20 x 27,2cm, 128 pages
Thème(s) :
Futuropolis , Baru

La chronique en bref

Baru nous fait sombrer dans une société souterraine où les petits arrangements entre amis font le bonheur des petits et gros resquilleurs. A la manière de Georges Lautner, Baru met en scène de vieux truands plus ou moins rangés, qui malgré leur bedaine, se plaisent à programmer entre vieux copains des casses, comme au bon vieux temps.

Le synopis des éditions Futuropolis :

L'histoire commence dans un petit village africain. Ousmane Traoré, célèbre footballeur de passage au pays, repère un gamin doué d'un talent exceptionnel balle au pied. Le gamin s'appelle Slimane. Ousmane lui prédit un bel avenir sur les terrains de «fouteballe», mais à une condition : qu'il accepte de faire le voyage en Europe. Et voilà comment Slimane se retrouve planqué dans la soute d'un avion, avant de sauter à terre à l'atterrissage et de se mettre à courir pour échapper aux flics. Il court, court, court sans s'arrêter, sur les voies du périph, à travers champs, il court à s'en faire péter le cœur. Et il devient... travailleur clandestin pour de basses et rudes besognes.
Pendant ce temps-là, Zizou sort de prison. Zizou ? Non, pas le Zinedine Zidane adulé des foules. Un autre Zinedine, lascar de banlieue coupable de quelques peccadilles. A peine dehors, il s'empresse de régler les affaires courantes : renouveler sa garde-robe et dessouder celui qu'il accuse de l'avoir fait coffrer. Ensuite, il décide de se consacrer à son grand projet : mettre la main sur un fourgon de la Brinks et ses 7 ou 8 millions, sans escorte, car à Noel ils sont en manque de personnel. Son coup ultime, « pour finir peinard, en attendant le cimetière, comme une retraite, quoi ».

Le problème, c'est que Zizou a autant de cervelle que de scrupules. Pour réussir son coup, il a besoin d'aide.

La chronique de Géraldine :

La couverture de la dernière dessi...née de Baru est un damier quasi photographique de visages «pris» de face et de profil, des bobines, des tronches, des gueules patibulaires mais presque. Tous les personnages ainsi affichés semblent coupables de quelque chose...

Ainsi Baru, à grand coups de crayon, nous fait sombrer dans une société annexe, parallèle, souterraine où les petits arrangements entre amis font le bonheur des petits et gros resquilleurs. Hormis Zinédine, qui a plutôt un rôle de dur à cuir sans foi, ni loi, les personnages dépeints par Baru sont tous très attachants. A la manière de Georges Lautner, Baru met en scène de vieux truands plus ou moins rangés, qui malgré leur bedaine, se plaisent à programmer entre vieux copains des casses, comme au bon vieux temps. Ces papy flingueurs, malgré leurs mauvaises intentions, ont la très grande classe. Et cela nous rassure car nous retrouvons nos repères de cinéphiles du temps où les flingues faisaient tuf-tuf, où les dialogues cousus mains crépitaient, balançaient, valsaient. Et la botte secrète de Baru réside dans ce savant mélange de sujets contemporains et de lieux communs. C’est comme si l’auteur talochait sur une vieille toile des touches colorées de notre actualité; clandestinité, misère humaine, trafic en tous genres...

Cette actualité est d’ailleurs incarnée par Slimane, un jeune africain clandestin, coupable d’avoir cru aux promesses d’un célèbre footballeur et d’être allé au bout de ses rêves de gosse. Touchante est l’histoire de ce gamin aux yeux emplis d’étoile, dont le dessein ressemble à s’y méprendre à celui Bilal, héros de Welcome de Philippe Lioret. Fais péter les basses, Bruno ! ne se remise pas pour être lu un peu plus tard, c’est une BD qui se dévore, qui se lit d’un trait, impossible d’en sortir avant la fin. Une fin qui vous fera, j’en suis sure, esquisser un petit sourire en coin.

Votre chroniqueur

L'échelle des humeurs du mouton