CHRONIQUE - Rose d'Elisabethville - Dupuis par stephane le 20/09/2010

Le synopsis des éditions Dupuis
En plein processus de décolonisation du Congo, la Belgique est secouée par de violents courants pro et anti-coloniaux. Eric Vermeer, jeune journaliste engagé pour la décolonisation, ne se fait pas que des amis dans la classe politique belge. Rose, sa femme, est infirmière. Elle s'occupe de nombreux colons rapatriés en Belgique. Ayant elle-même passé son enfance au Congo, elle comprend la détresse de certains d'entre eux. Un jour, le chargé d'affaire de Van Lancker, riche exploitant de mines de diamants qui s'est occupé d'elle enfant, lui remet un masque et une lettre, à n'ouvrir qu'à la mort de Van Lancker. Dépositaire, sans le savoir, d'un secret convoité par des aventuriers sans scrupules, elle va devoir échapper aux pièges que ceux-ci vont lui tendre, pour exécuter les dernières volontés de son vieil ami.

La chronique de Stéphane

30 juin 1960. Indépendance du Congo. A la surprise de tous, le premier ministre Lumumba vient de prononcer un discours qui fustige le système colonialiste Belge et humilie le roi Baudouin devant la presse internationale. Parmi eux, Eric Vermeer est un journaliste, fervent partisan de la décolonisation. Eric est le mari de Rose, jeune et jolie infirmière qui a vécu au Congo étant enfant. Rose se voit confier un masque et un collier orné d’un diamant brut que lui lègue un ami de sa mère, Van Lancker, qui a fait fortune en exploitant les ressources minières du Katanga. Ce collier va attirer sur elle l’attention d’individus peu scrupuleux prêt à tout pour s’emparer du trésor de Van Lancker.

Eric et Rose sont deux personnages fort sympathiques et d’une grande générosité qui font face à leurs mésaventures avec philosophie. A contrario, les méchants de l’histoire sont détestables à souhait. Malgré cette vision un peu manichéenne, l’ensemble garde une crédibilité certaine, car le récit de Thilde Barboni est littéralement ancré dans l’Histoire. On comprend vite que si la Belgique a consenti à accorder au Congo l’indépendance politique pour éviter le conflit armé, elle entend bien conserver le contrôle économique des ressources du pays.L'opinion publique Belge ne semble guère disposée à reconnaitre les torts de la Belgique à l'encontre du peuple Congolais. Ainsi, Eric et indirectement Rose sont continuellement exposés au ressenti de leurs compatriotes. Et l’auteur parvient à nous donner l’impression que les pénibles moments que nos héros sont en train de vivre ne sont rien face au drame qui se tisse en toile de fond.

Le dessin de Séraphine est fort agréable. Certes, on remarque parfois des imperfections notamment sur les visages, mais la douceur des traits et des couleurs contribuent à entretenir l’ambiance toute particulière de ce récit.

Avec « Rose d’Elisabethville », Thilde Barboni et Séraphine nous font découvrir une héroïne, toute de douceur et de générosité, qui doit affronter une situation à laquelle sa vie ne l’a guère préparée. L’arrière-plan historique est omniprésent et contribue à donner corps à ce récit qui met en avant des qualités humaines universelles.

Rose d'Elisabethville
Scénario : Thilde Barboni
Dessin : Séraphine
Editeur : Dupuis
Collection : Aire Libre
Format : Album cartonné - 72 pages en couleurs
Prix : 15.50 €
Date de parution : 27/08/2010

Votre chroniqueur

L'échelle des humeurs du mouton