Le synopsis des éditions Dargaud
C’est le grand jour. Aujourd’hui, la petite équipe de Devescak, qui a créé la surprise en atteignant la finale du championnat junior de basket, rencontre le favori. La tension est à son comble, et Dario, l’entraîneur, ne peut résister à la pression. Les images d’un autre combat – la guerre qui a déchiré son pays – déferlent dans son esprit et la violence le submerge… Tout près de lui, Frano, narrateur du récit et joueur de l’équipe, est tétanisé par la peur. Deux hommes qui doivent affronter leurs démons et une victoire à la clé : pas forcément celle du score.
La chronique de Nicolas
Guerre et Match est un récit qui va au-delà d’une compétition de basket. Le basket, est a priori comme tout sport, porteur des notions d’entraide, d’amitié, d’altruisme. Pourtant, dans notre langage commun, nous associons facilement le mot «compétition» au sport, alors même que le mot compétition représente une opposition entre des individus ou des équipes. Frano Petrusa va encore plus loin. Le basket, c’est comme la guerre, on pénètre sur le territoire des autres et on détruit des cibles ennemies.
Cette guerre, est en fait la guerre de Yougoslavie que nous découvrons en filigrane. C’est la bataille de Vukovar en 1991 pour être précis. Le mélange entre le jeu sportif, en l’occurrence un match de basket, et la guerre apparait comme avoir de nombreuses similitudes… et finalement il n’y a plus rien de très surprenant. Cette association intellectuelle prend en revanche une intensité toute particulière quand nous apprenons que c’est une histoire vraie, celle de l’auteur d’origine yougoslave, ce qui renforce l’intensité psychologique de chaque personnage. Nous comprenons d'autant mieux d’où vient la force émotionnelle, voire la folie émotionnelle, de l’entraineur Pario Berry. Magnifique !
Le dessin est complexe. Le lecteur doit passer outre un effeuillage graphique rapide des pages. Traits épurés, vifs, couleurs clairs, c’est la vie, c’est le basket. Les attitudes pour synthétiser le mouvement et le rendre intelligible au lecteur sont parfaites. Puis soudain, tout bascule, le dessin s’intensifie, les traits sont noirs, plus grossiers, les couleurs s’assombrissent également. Le noir et le rouge prédominent maintenant. La guerre est là.
Vous aurez donc compris, ce Guerre et match est un one-shot d’une intensité rare, scénario et dessin.