CHRONIQUE - Le trop grand vide d'Alphonse Tabouret par Julie le 10/11/2010

Prix neuf :
14,90 €
En librairie le :
09/09/2010
Bof
Scénario
Sibylline
Dessin :
Jérome d'Aviau
Couleur :
Capucine
Série :
Le trop grand vide d'Alphonse Tabouret
Éditeur :
Ankama
Collection :
Étincelle
Format :
16,4x24,4 cm
Thème(s) :
amour , jeunesse , amitié , Ankama , Jérôme d'Aviau , Collection Étincelle

La chronique en bref

Au milieu d'une forêt tendre, dans une clairière de rien, un tout petit machin se réveille mais ne se souvient pas Les épreuves auxquelles il se voit confronter sont parfois absurdes

Le résumé des éditions Ankama

« Il était une fois Alphonse Tabouret. Il est né dans une forêt, avec le monsieur, qui s'est un peu occupé de lui, mais pas très longtemps. Un jour, le monsieur se fâche, pour une broutille de rien du tout, et laisse Alphonse tout seul. C'est là que son périple commence. Au fil des rencontres, il découvre des gens, bestioles, bidules, qui le font grandir un peu et lui font vivre des aventures chouettes et sans trop le vouloir vraiment.

La chronique de Julie

Les aventures d'Alphonse débutent le jour où il se retrouve seul dans une immense forêt. Durant les premiers jours, peu affecté par cet abandon, il s'amuse et continue à rire. Mais il finit par s'ennuyer et décide de partir à la recherche de quelqu'un avec qui il pourrait jouer, d'un ami.

Si ces aventures sont censées le confronter aux choses de la vie et des grandes personnes, comme la solitude, le partage, l'amitié, l'amour, cette bande dessinée ne me paraît peu appropriée pour un enfant. Le sens des aventures de ce petit personnage n'est pas évident. Et les épreuves auxquelles il se voit confronter sont parfois absurdes, très empreintes d'un conformisme, et parfois même peu rassurantes. S'il rencontre des personnes et parvient à se faire des amis, quelques uns sont bizarres, comme ce personnage troué dans le milieu de son corps et recherchant sa moitié. Ce vide figuré, même s'il n'est que symbolique, n'est finalement qu'angoissant. Sans parler de la petite fille qu'Alphonse rencontre. Le lecteur se dit que l'amour va enfin le sauver, mais il n'en est rien. Ce personne féminin est très caricatural, et représente la gente féminine uniquement par un côté matérialiste, égoïste et capricieux. Et bien qu' Alphonse parvient enfin à trouver une amie, une amoureuse, il part seul, sans elle, comme s'il devait absolument apprendre à grandir seul.

Les dessins, quant à eux, sont très agréables à contempler. Noirs, stylisés, assez originaux dans leur façon de signaler les personnages qui parlent, ils participent sans doute à cette ambiance parfois peu rassurante. Mais si c'est parfois le cas, ce ne l'est pas la plupart du temps. L'illustration est très réussie.

Le goût quelque peu amer qui nous reste après avoir lu cette bande dessinée, n'est pas un sentiment de rejet mais plutôt d'incompréhension. L'histoire est agréable à lire, les dessins très plaisants à contempler.  Mais on peut se demander qu'elle a été le but de ces trois auteurs en publiant cette bande dessinée. Car si la vie n'est peut-être pas toujours rose, n'est-il pas préférable de communiquer aux enfants un peu d'espoir et la possibilité du repos ou du refuge dans l'amour et l'affection ?

Votre chroniqueur

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