CHRONIQUE - Les Gardiens du Maser, T8 : La grande splendeur - Desinge et Hugo et Cie par gilles le 16/12/2010

Prix neuf :
13.95 €
En librairie le :
09/12/2010
Bien
Scénario
Massimiliano Frezzato
Dessin :
Fabio Ruotolo
Couleur :
Fabio Ruotolo
Série :
Gardiens du Maser (Les)
Éditeur :
Desinge & HugoBD
Format :
24.6x32.2cm
Thème(s) :
Frezzato , science-fiction , roman graphique , Bande-Annonce , Ruotolo

La chronique en bref

Frezzato sacrifie de nouveau la fluidité et la compréhension de son histoire au profit de l'esthétique de son univers. Chaque planche est une véritable oeuvre d'art faisant basculer du genre science-fiction vers le roman graphique

La chronique de Gilles:

Voici la suite attendue de l'épopée de Massimiliano Frezzato, Les Gardiens du Maser. Il est fortement déconseillé de s'attaquer à cette genèse de Kolonie sans avoir lu les six premiers tomes dont les événements se passent une génération plus tard sur la même planète.

Cette genèse nous retrace les débuts de Kolonie, planète accostée par des rescapés de la Terre divisés en deux populations : les nains et les hommes. Seuls les nains semblent s'adapter aux conditions de la nouvelle planète et pouvoir se reproduire, au grand dam des « longues jambes ». Une partie du conseil des humains complote autour d'expériences génétiques avec une race locale, les yoks, pour contourner ce problème de stérilité. Mensonges, manipulations diplomatiques, frustrations et manque de nourriture conduisent irrémédiablement à la guerre entre les nains et les hommes et à la fin de la période faste des colons, qui sera appelé « la Grande Splendeur » dans les deux premières trilogies.

L'histoire semble assez simple une fois retranscrite en quelques lignes. Pourtant, le scénariste Massimiliano Frezzato vient la parasiter par une multitude de personnages et de technologies qu'il ne prend pas le temps d'expliciter au lecteur. Il est louable de vouloir enrichir un univers de science-fiction créé de toute pièce en y instaurant des enjeux raciaux, historiques, technologiques et même familiaux, mais comment les apprécier s'il est impossible de les comprendre dès la première, voire même la seconde lecture. Ce problème se posait déjà lors des sept premiers tomes et Frezzato sacrifie à nouveau la fluidité et la compréhension de son histoire au profit de l'esthétique de son univers.

Si Frezzato était l'unique artisan des Gardiens du Maser jusqu'au tome six, il a fait appel pour les tomes sept et huit au dessinateur Fabio Ruotolo pour l'assister et on ne peut lui en vouloir. Chaque planche est une véritable œuvre d'art qui fait quasiment basculer la bande dessinée de la science-fiction au plus pur roman graphique. Tout en gardant le style et l'esprit de Frezzato, Ruotolo a su harmoniser la coloration de la bande dessinée en assumant le criard des couleurs et illustrer l'imaginaire de l'auteur. Mais Ruotolo n'a pas réussi à pallier le manque de clarté dans le déroulement de l'histoire, qui empêche les Gardiens du Maser de rejoindre le panthéon des œuvres incontournables de la bande dessinée. Quel dommage !

Votre chroniqueur

L'échelle des humeurs du mouton