CHRONIQUE - Raj, T.4 : Les Etrangleurs par gilles le 15/02/2011

Prix neuf :
13,95 €
En librairie le :
07/01/2011
Pas mal
Scénario
Didier Conrad
Dessin :
Wilbur
Couleur :
Julien Loïs
Série :
Raj
Éditeur :
Dargaud
Format :
48 pages
Thème(s) :
dargaud , policier , Inde

La chronique en bref

La fin du dyptique de Bénarès où l'on retrouve le flegme so british de l'enquêteur Alexander Martin Une fable indienne au décor riche en détails, à mi chemin entre Tintin et Blake & Mortimer, la sensualité en plus

La chronique de Gilles :

Commencée en 2007, la série Raj se propose de suivre les péripéties de l'anglais Alexander Martin, membre de l'Indian Political Service. Ce personnage est à mi-chemin entre un certain reporter globe-trotter belge, et Francis Blake privé de son acolyte Mortimer. L'intrigue du dyptique de Bénarès, que constituent les tomes 3 et 4, tourne autour de l'enlèvement de la fille adoptive d'un Lors anglais installé en Inde par la secte des Thugs, adorateurs de la déesse Kali et qui attaque les indigènes.


La volonté de la série des scénaristes Didier Conrad et Wilbur est d'utiliser le célèbre flegme de nos voisins britanniques pour aborder de nombreux sujets sensibles et pouvant facilement tomber dans la condescendance, sur la colonie des Indes. De ce point de vue, le pari est plutôt réussi et Raj offre le prétexte à une certaine exposition de la situation politique, religieuse, culturelle et économique de l'Inde du XIXème siècle. Le travail de documentation effectué par les deux auteurs, et principalement Didier Conrad, qui en est également le dessinateur, se ressent tout au long des planches. Le soin notamment apporté aux édifices et aux temples, ainsi qu'aux pratiques religieuses qui s'y exerçaient à l'époque, enrichit grandement cette oeuvre.


Cependant, plusieurs points viennent troubler quelque peu le rendu final de Raj. D'un côté, l'intrigue policière est clairement un prétexte à l'exposition de l'Inde et de ses moeurs, et offre du coup très peu d'intérêt pour un public adulte nourri à des scénarii de plus en plus élaborés et captivants. Ce point est renforcé par le dessin des protagonistes, trop épuré et qui rend difficile l'identification des personnages à la première lecture. Toutes ces remarques pourraient concorder à faire de Raj une excellente série découverte pour un jeune public, apportant un côté simple mais éducatif, comme Tintin et Blake et Mortimer ont pu l'être au siècle dernier. Seulement, la sensualité et la sexualité indiennes présentes dans la série, notamment sur la planche où Alexander fait l'amour à Ayesha en plein milieu d'un temple, rend la bande dessinée difficilement conseillable à un très jeune public. On ne peut qu'espérer aux deux auteurs de parvenir à toucher et fidéliser un certain public.


 

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