CHRONIQUE - Grand Prix, T.2 : Rosemeyer par marc le 16/05/2011

Prix neuf :
13,95 €
En librairie le :
06/05/2011
Bravo
Scénario
Mark Van Oppen Marvano
Dessin :
Mark Van Oppen Marvano
Série :
Grand Prix
Éditeur :
Dargaud
Format :
32x24cm; 64 pages
Thème(s) :
nazisme , hitler

La chronique en bref

La densité de cet album est telle que le titre "Grand Prix" en devient réducteur. Marvano va peut être encore plus loin et décortique sous couvert de courses automobiles la mise en place d'une tragédie où l'humanité basculera dans l'horreur.

Le synopsis de Dargaud :

Début 1930, quelques casse-cou se livrent une lutte sans merci, dévalant à tombeau ouvert les circuits de compétition. À l'arrivée, la gloire; la mort parfois. Hitler entend bien faire de ces pilotes et de leurs bolides un des emblèmes de son 3e Reich, un emblème porté par le fanatique Hühnlein qui veille au dévouement absolu des coureurs à l'idéologie du pouvoir. Mais certains de ces trompe-la-mort, tel Rosemeyer, héros de cet épisode, sont peu enclins à se laisser dicter leur conduite..... même par leur Führer.

La chronique de Marc:

Si le premier opus de cette trilogie nous avait enthousiasmé, ce deuxième album est encore plus abouti.

Nous retrouvons ces pilotes toujours focalisés dans leur lutte pour la victoire et la gloire occultant les évènements extérieurs à leur univers, mais la lente et inexorable montée du nazisme finira par les rattraper.
Marvano tisse un scénario d'une justesse et d'une finesse incroyable. À travers cet album nous suivons avec effroi la mise en place froide et implacable de ce qui sera la plus grande guerre que l'humanité aura connu.
Malgré eux, les pilotes courant sous les emblèmes de Mercedes et Auto Union deviennent des acteurs de la propagande nazi où les grands prix ne deviennent que prétextes à servir l'idéologie Allemande à la gloire du Führer qui aimerait bien ne voir au volant des bolides dont il est le principal "sponsor", que des pilotes de race pure !
Face à ce climat délétère, nos gentlemen drivers ne pourront plus ignorer les enjeux économiques, politiques, et sociaux dont ils sont l'objet. L'heure des choix a sonné, la victoire au prix de la soumission au national socialisme, ou bien la rébellion et le renoncement à sa raison de vivre.
Comme pour le premier album, Marvano réussi grâce à une parfaite maîtrise de la ligne claire, à donner à son dessin une qualité et une précision qui servent admirablement son scénario. Le cadrage est parfait, le soin apporté aux détails est admirable et fait de cette bande dessinée un pur moment de bonheur.
La densité de cet album est telle que le titre "Grand Prix" en devient réducteur. Tout comme dans la guerre éternelle où Marvano et Haldeman nous livraient une magnifique trilogie sur l'absurdité de la guerre du Vietnam, cette fois, Marvano va peut être encore plus loin et décortique sous couvert de courses automobiles la mise en place d'une tragédie où l'humanité basculera dans l'horreur.
Peut être est-ce à travers ces pilotes que nous devons méditer sur cette citation d'Edmund Burke: "La seule condition au triomphe du mal, c'est l'inaction des gens de bien".

Votre chroniqueur

L'échelle des humeurs du mouton

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