CHRONIQUE - Mezek - Le Lombard par timothee le 09/06/2011

Prix neuf :
15,95 €
En librairie le :
22/04/2011
Bravo
Scénario
Yann
Dessin :
André Juillard
Couleur :
André Juillard
Série :
Mezek
Éditeur :
Le Lombard
Collection :
Signé
Format :
24,1x31,8cm; 72 pages
Thème(s) :
histoire , guerre , Yann

La chronique en bref

Un scénario incroyable, épatant de justesse. La « vulgarisation » de la création d’Israël est excellente. Le dessin de Juillard ressemble énormément à celui des 7 vies de l’Epervier, mais donne à Mezek une authenticité qui ne pourra jamais être remise en cause.

La Chronique de Timothée :

1948. Les Nations Unies ont voté la création d’Israël, mais ont interdit au jeune Etat d’avoir une armée. Pour lutter contre ses ennemis, infiniment plus puissants et mieux organisés, l’Etat Juif fait appel à des mercenaires venus des quatre coins du monde pour se faire de l’argent, se racheter, ou tout simplement tuer.
Parmi ces hommes, Björn, mercenaire suédois, goy de surcroît, vit avec un lourd secret qui le hante depuis des années. Bien qu’il soit le meilleur pilote de Mezek, avions tchèques miteux mais seuls avions disponibles pour Israël, il est constamment rejeté par les membres de l’escadron 101. De plus, les luttes entre pilotes aguerris et jeunes soldats avides de victoires se font de plus en plus violentes. Quand une série de sabotages rend le climat électrique, la confiance n’est plus de mise et seul l’instinct de survie fait la différence.

Après avoir travaillé sur Le Grand Duc, autre épopée aéronautique racontant l’histoire de deux pilotes, l’un soviétique, et l’autre allemand, pendant la Seconde Guerre Mondiale, Yann livre avec Mezek, un album excellent, peaufiné dans ses moindres détails. La justesse des évènements, comme les luttes fratricides, les attaques égyptiennes, ou les sacrifices forcés, donne à Mezek, une dimension historique jamais vue auparavant. Yann évite avec brio tous les sujets à polémique concernant l'état d'Israël… On peut tout de même trouver gênant le trop plein de dialogues sur certaines planches. L’emploi de mots en yiddish est parfois déroutant, et pour atteindre la perfection, un lexique aurait pu être ajouté.

Juillard, quant à lui, donne à sa BD une prestance incroyable. La justesse des traits, l’harmonie des couleurs, tout est parfait pour se croire dans l’Israël des années 50. Le travail sur les avions, les uniformes, et même sur le décor est le résultat d’une recherche encyclopédique.
Les connaisseurs reconnaîtront ici la patte du dessinateur des 7 vies de l’Epervier, (le physique des femmes est plus que révélateur) ou de La Machination Voronov, tome 10 deBlake et Mortimer, et ne pourront que saluer le travail d’artiste réalisé ici.

Les deux auteurs, Yann et Juillard, grâce à leurs talents, nous permettent de comprendre les origines de l’Etat Juif tout en prenant plaisir à découvrir une époque trop souvent occultée des mémoires. Mezek, a peine sorti, fait déjà partie des classiques à avoir lus.

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